Penser et agir pour l’entrepreneuriat en Afrique

La législation fiscale en question : le rôle des conventions d’établissement dans le secteur aurifère africain

Jusque dans les années 90, le continent africain pourtant riche en ressources minérales, attirait peu les investissements miniers.

Jusque dans les années 90, le continent africain pourtant riche en ressources minérales, attirait peu les investissements miniers.

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Les déchets plastiques en Afrique : de la fatalité aux opportunités ?

Si la bataille réglementaire contre les sachets plastiques a connu des succès remarqués en Afrique, où 34 pays sur 54 en ont banni l’usage, ces victoires ne doivent pas être…

Si la bataille réglementaire contre les sachets plastiques a connu des succès remarqués en Afrique, où 34 pays sur 54 en ont banni l’usage, ces victoires ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Les sachets plastiques sont certes la forme la plus visible de la pollution plastique, mais ils sont loin d’en être la seule source. Il s’agit aussi d’être réaliste : l’usage du plastique n’est pas près de diminuer, pas plus que sa production. Celle-ci pourrait en effet tripler d’ici  2050, à l’heure où leurs méfaits pour la santé et l’environnement font l’objet d’une vigilance accrue.

Le sujet est particulièrement sensible en Afrique, qui est en train de devenir l’un des exutoires des déchets plastiques du reste du monde, sans compter les déchets produits localement. La difficulté à recycler et à valoriser les déchets plastiques qui s’accumulent dans les décharges à ciel ouvert devrait être l’une des priorités des décideurs politiques et des industriels. 

Alors que l’ONU pose les fondations d’un traité visant à résoudre la question des déchets plastiques, il est urgent pour l’Afrique de trouver des solutions qui n’aient pas pour seul objectif la disparition totale des emballages plastiques mais qui visent à développer des modes alternatifs de production de plastiques 100% biodégradables ou recyclables, ainsi que des services de collecte et de revalorisation

Rappelons que le plastique n’a pas que des effets néfastes. Parmi les avantages les plus évidents, les emballages plastiques ont permis d’accroître considérablement la durée de vie des aliments frais. Sans emballages adéquats, on ne pourrait transporter ni viande, ni liquide, ni un grand nombre de préparations dans les villes et les zones les plus reculées du continent. Le plastique est plus léger et plus résistant que le verre, et plus malléable que le métal. C’est un excellent isolant, imperméable, modelable en une infinité de formats, d’épaisseurs et de formes. Si cette matière est aujourd’hui aussi omniprésente, c’est parce qu’elle a démontré des bénéfices que nulle autre matière ne possédait. 

La question n’est donc pas tant la manière de se débarrasser des plastiques que d’en raisonner l’usage, d’en transformer la production et la gestion afin de les rendre recyclables et, autant que possible, de trouver de nouvelles sources (autres que le pétrole…) pour les produire.

Déjà, de nombreuses initiatives émergent  sur le continent africain, pour valoriser les déchets plastiques qui peuvent l’être : réutilisation des déchets pour en faire des briques de construction ou des poubelles publiques, ou encore collecte individuelle des déchets recyclables pour les revendre aux usines spécialisées dans leur transformation. 

Mais ces initiatives ne pourront pas déclencher un mouvement de masse à l’échelle des économies nationales africaines si de véritables circuits de production de plastiques 100% recyclables, de collecte et de recyclage, ne sont pas mis en place. Ces circuits existant pour le verre, rien n’interdit d’imaginer que de la chaîne de valeur du plastique puisse s’en inspirer. 

Tout comme pour les métaux et le verre, le recyclage des déchets plastiques a une logique économique, et des solutions techniques existent déjà (plastiques PET) ou sont en cours de développement (bioplastiques à base d’algues, de champignons, ou synthétisés par des bactéries). Le succès de chacune de ces méthodes dépendra notamment de leur capacité à s’intégrer dans un cycle plus large de réutilisation : soit pour produire du biogaz, soit comme intrant agricole, soit comme produit recyclable sous la même forme. 

Le tournant peut être pris en rassemblant chercheurs, ingénieurs, décideurs publics, industriels, usagers et tous ceux qui, aujourd’hui de manière informelle, demain peut-être en tant que salariés, vivent de la valorisation des déchets plastiques et ont de ce fait développé une expertise dans leur tri, leur collecte, leur commercialisation et leur revalorisation. 

Le fonds Moringa s’engage dans cette voie avec les sociétés de son portefeuille, à travers le projet Moringa/ATAF et la société de conseil The Right Packaging*. Les pistes de réflexion actuellement développées ciblent la maîtrise de la collecte des bouteilles d’eau et de leur recyclage, et l’emploi de procédés de décontamination haute pression (HPP) en tank plutôt que dans l’emballage pour jus de fruits – ce qui permet d’utiliser d’autres matières que le plastique (carton, verre, canette). Pour les fruits secs, il s’agit de privilégier la vente en vrac ainsi que l’utilisation des emballages flexibles mono-matériaux permettant leur recyclage. Ces pistes sont explorées notamment dans les sociétés du portefeuille de Moringa au Mali et au Bénin. 

Le marché du traitement des déchets plastiques recèle d’immenses profits potentiels, et ce même hors des frontières du continent. La production de plastique en Europe commence déjà à manquer de matériaux à recycler et une industrie de retraitement des déchets en Afrique pourrait trouver là un marché secondaire permettant de financer son développement. À terme, le plastique pourrait devenir une matière première convoitée… 

Faire coïncider les intérêts environnementaux, économiques, commerciaux et l’innovation scientifique, telle pourrait finalement être la conséquence heureuse et inattendue des solutions apportées à l’enjeu des déchets plastiques en Afrique.

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Financement des agricultures africaines : comment sortir de l’impasse ?

Le constat est largement partagé : l’agriculture est au centre des enjeux de croissance économique, de stabilité politique et de lutte contre les changements climatiques en Afrique. Pourtant, aujourd’hui encore, les…

Le constat est largement partagé : l’agriculture est au centre des enjeux de croissance économique, de stabilité politique et de lutte contre les changements climatiques en Afrique. Pourtant, aujourd’hui encore, les montants mobilisés par les gouvernements africains pour l’alimentation et l’agriculture sont très en deçà des objectifs fixés. Alors que la FAO estime que 10% des budgets nationaux africains devraient être dédiés à ces secteurs afin de permettre un développement économique et social, en réalité ces budgets sont généralement trop faibles, mal dépensés et peu efficaces (FAO, 2021). Qu’un secteur aussi essentiel reste victime d’une situation de sous-investissement chronique démontre l’extrême complexité du défi posé à l’Afrique. L’urgence d’améliorer le financement des agricultures africaines est largement admise, mais la mise en œuvre s’avère obstinément défaillante.

Les budgets mobilisés par les gouvernements africains pour l’alimentation et l’agriculture sont généralement trop faibles, mal dépensés et peu efficaces

Ainsi, aujourd’hui encore, le secteur reste marqué par les faillites des différentes banques nationales créées dans nombre de pays du continent pour financer le développement du secteur agricole. Les acteurs bancaires traditionnels sont quant à eux souvent peu enclins à orienter leurs produits de financement vers des acteurs agricoles perçus comme trop risqués, trop informels et trop atomisés.

Pourtant, les banques ont un rôle essentiel à jouer dans le futur de l’agriculture africaine. Comment pouvons-nous apprendre des erreurs du passé et proposer des solutions adaptées au financement des agricultures africaines ?

 

S’inscrire dans une démarche d’apprentissage et d’échanges

L’analyse des chaines de valeur agricoles permet de s’approprier les filières dans leur exhaustivité. Chaque flux peut être analysé aux différents maillons de la filière : production, collecte, transformation, transport, distribution, fourniture d’équipements, etc. On sort ainsi de l’idée fausse selon laquelle financer le secteur agricole signifie financer uniquement les producteurs.

Cette approche d’analyse de la chaine de valeur s’articule avec une nécessaire démarche de terrain pour rencontrer les entrepreneurs agricoles et déconstruire les idées préconçues. À titre d’exemple, l’une des hypothèses couramment admises était que le principal critère de choix d’un crédit était son coût (sensibilité-prix des entrepreneurs agricoles). À l’occasion d’entretiens avec des entrepreneurs du secteur agricole au Sénégal, il s’est avéré que le principal critère pour eux était la réactivité de l’institution bancaire, plutôt que le taux d’intérêt, essentiellement en raison des contraintes de saisonnalité.

 

L’importance de la proximité et des ressources humaines dédiées

Le premier levier de gestion du risque réside dans la formation des ressources internes (chargés d’affaires et responsables de crédit) : il s’agit de remettre le responsable de crédit au cœur du processus d’identification des risques relatifs à une filière ou à un acteur.

La présence commerciale en prise directe avec l’écosystème d’une filière permet une meilleure évaluation des risques

À cette formation des équipes doit s’ajouter une plus grande proximité géographique avec les bassins de productions de la filière agricole. La présence commerciale en prise directe avec l’écosystème d’une filière permet une meilleure évaluation des risques. Par exemple, Cofina a décidé d’ouvrir une agence dans la région des Niayes au Sénégal afin d’être proche du bassin de cultures maraichères : cela permet à la fois une meilleure approche marketing et une meilleure connaissance des risques liés aux cultures de la zone.

 

Mieux cibler les acteurs pour « dé-risquer » le financement

Afin de gérer les risques, l’institution de financement peut également privilégier les acteurs ayant la meilleure qualité de signature dans la chaine de valeur. Il s’agit généralement d’acteurs de taille plus importante et plus formels : agrégateurs, négociants, transformateurs, etc. Dans un deuxième temps, la banque peut « descendre ou remonter » la chaine de valeur vers des acteurs perçus comme plus risqués.

La banque peut aussi identifier des instruments de financement où la qualité de signature d’un acteur dominant sécurise la banque afin de financer l’aval ou l’amont de la filière : par exemple via une avance sur facture. Dans cette « démarche de points d’entrée », la gestion du risque s’inscrit dans différentes phases temporelles : les partenaires commerciaux de mon client d’aujourd’hui sont mes clients de demain.

Enfin, la mobilisation des banques africaines vers le financement de l’agriculture locale sera permise à la condition qu’elles aient accès aux liquidités de long terme. Dans ce contexte, les bailleurs de fonds internationaux ou les fonds à impact ont un rôle primordial à jouer en donnant aux banques locales les moyens de financer efficacement les filières agricoles, via des « fonds fléchés » pour l’agriculture. Outre ce rôle d’amorceur, les bailleurs peuvent en partie répondre aux risques posés par les faibles garanties et actifs de mauvaise qualité caractérisant certains acteurs des filières agricoles.

Ceci est possible en mobilisant des fonds de partage du risque, des financements concessionnels ou des fonds de garantie. Via des subventions ciblées, les agences de développement peuvent également faciliter les démarches d’analyse des chaines de valeur, d’identification de cibles potentielles et de création de pipelines attractifs.

 

Apprentissage, proximité et gestion du risque

Les centaines de milliards manquants pour le financement des agricultures africaines peuvent être perçus de deux manières : soit ils sont le symptôme d’un secteur qui ne peut pas être financé par les banques, délaissant cette fonction aux programmes publics, aux bailleurs internationaux ou à quelques rares institutions de microfinance… soit ils sont le signe qu’il existe un immense champ d’opportunités inexploitées.

En tant que soutiens engagés pour la croissance des PME africaines, Cofina et classM souscrivent sans réserve à la deuxième option. Notre conviction est qu’une démarche basée sur l’apprentissage des erreurs passées, la proximité avec les acteurs et une meilleure gestion du risque permettra de réaliser le potentiel des agricultures africaines.

 

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En Afrique, électrification rurale rime avec agriculture

Malgré plusieurs décennies d’efforts et des dizaines de milliards de dollars d’investissements cumulés, l’accès à une énergie fiable et abordable demeure un luxe pour plus de cinq cents millions d’Africains….

Malgré plusieurs décennies d’efforts et des dizaines de milliards de dollars d’investissements cumulés, l’accès à une énergie fiable et abordable demeure un luxe pour plus de cinq cents millions d’Africains. C’est particulièrement vrai dans les zones rurales où vivent encore près de la moitié des habitants du continent…

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Innover dans l’investissement pour renforcer l’autonomisation des Femmes

Cet article a été co-écrit par Ksapa et Investisseurs & Partenaires, et est également publié sur leur site web.   La question du genre est au cœur du débat international….

Cet article a été co-écrit par Ksapa et Investisseurs & Partenaires, et est également publié sur leur site web.

 

La question du genre est au cœur du débat international. Lélimination de la discrimination des femmes et des filles, l’autonomisation des femmes et la parité entre femmes et hommes sont considérés comme des facteurs clefs du développement, du respect des droits humains, de la paix et de la sécurité mondiale. Les Objectifs de Développement Durable ont d’ailleurs réaffirmé ce rôle clef de l’autonomisation des femmes dans le jeu démocratique, pour prendre les décisions qui s’imposent dans sur tous les aspects du développement durable.  

Pour étudier les implications de l’autonomisation des femmes pour le secteur privé, Ksapa s’est rapproché d’Investisseurs & Partenaires, spécialiste de l’investissement à impact sur le continent africain. Ensemble, nous examinons les données du défi de l’autonomisation de la femme, particulièrement prégnant en milieu rural à travers le continent africain. Comment, dans les conditions actuelles, adapter les plans d’action sur le genre des investisseurs et des entreprises pour mieux répondre au défi ? Forts des différentes initiatives que nous menons, Ksapa et I&P tirent des recommandations pratiques pour la mobilisation du capital et les technologies disponibles en faveur de l’autonomisation des femmes.

 

1. Grands enjeux de l’autonomisation des femmes

L’autonomisation des femmes implique, en essence, une distribution équitable des ressources entre les hommes et les femmes, les filles et les garçons. Voilà pour le principe. En pratique, l’autonomisation des femmes bouscule des comportements sociaux très ancrés, qui se traduisent dans des décisions sociales, économiques et culturelles tout aussi structurelles.

  • Des disparités structurelles entre hommes et femmes

De fait, hommes et femmes, garçons et filles ne sont pas égaux face à la pauvreté et dans l’accès aux opportunités d’avancement – et ce, d’autant moins dans le contexte des crises climatiques, sanitaires et socio-économiques actuelles. Les femmes ne représentent qu’un tiers ou moins de la richesse en capital humain dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur. En Asie du Sud, les pertes liées aux inégalités de genre sont estimées à 9 100 milliards de dollars, contre 6 700 milliards de dollars en Amérique latine et dans les Caraïbes et 3 100 milliards de dollars au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En Afrique subsaharienne, elles atteignent 2 500 milliards de dollars.

À ce titre, l’OCDE publie un indice des institutions sociales et égalité entre hommes et femmes pour mesurer, à l’échelle internationale, les discriminations à l’encontre des femmes dans les institutions sociales. Pour exemple, en 2019, cet indice était de 37.0 au Sénégal, 42,8 en Côte d’Ivoire et 34,5 au Ghana.

  • Impacts socio-économiques de l’autonomisation de la femme

Pour autant, et bien qu’elles fassent l’objet de préjugés, les femmes contrôlent actuellement 32% de la richesse, ajoutant ainsi 5 000 milliards de dollars à la richesse mondiale chaque année. Le tout à un rythme beaucoup plus rapide que par le passé. En outre, pour chaque dollar d’investissement levé, les jeunes entreprises appartenant à des femmes génèrent 0,78 dollar de revenus, contre 0,31 dollar pour les entreprises dirigées par des hommes. Ainsi, la parité entre hommes et femmes sur le marché du travail pourrait générer une hausse de 26% du PIB mondial annuel d’ici à 2025.

  • Zoom sur la femme dans le secteur agricole africain

L’agriculture en particulier représente près de 25 % du PIB de l’Afrique et les femmes constituent près de la moitié de la main d’œuvre de ce secteur en Afrique subsaharienne. Sur l’ensemble du continent, l’agriculture s’avère même le tout premier employeur des femmes, concentrant 62 % des femmes actives. Dans certains pays, comme le Rwanda, le Malawi et le Burkina Faso, elles sont même plus de 90 % à y travailler.

Le travail des femmes est, comme ailleurs, sujet à des disparités critiques – notamment en termes de répartition des tâches et de prépondérance du travail informel. Dans le milieu agricole africain, les femmes tendent à opter pour des cultures et techniques spécifiques et leur travail n’est pas rémunéré de la même façon.

Lorsqu’il fait l’objet d’un contrat, il ne porte pas systématiquement leur nom – et souvent celui de leur mari. De même, les agricultrices africaines ont tendance à investir les marchés locaux et le commerce de détail, là où les hommes misent davantage sur le commerce de gros, avec une portée régionale.

 

2. Intégrer une solide perspective du genre dans les stratégies d’investissements à impact

La lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire dépendent directement du développement de solutions systématiques pour l’autonomisation des femmes. Les mesures nécessaires pour développer des moyens de subsistance stables grâce au secteur agricole africain incluent donc des dispositifs innovants d’accès à la terre, au capital et moyens de production – en particulier pour les femmes.

C’est précisément pourquoi la Banque mondiale a élaboré une stratégie de genre à destination des développeurs de projets internationaux. Le document liste 4 leviers clefs pour diminuer les écarts entre hommes et aux femmes :

  • Sensibilisation : Améliorer les écarts entre hommes et femmes en réduisant notamment les différentiels d’accès à la santé, l’éducation et la protection sociale (par exemple, les transitions école/travail, les stéréotypes sexistes sur le lieu de travail, les droits en matière de santé sexuelle et génésique…).
  • Opportunité : Supprimer les barrières à un emploi plus important et de meilleure qualité, en stimulant la participation des femmes, les opportunités pour elles de générer leurs propres revenus et d’accéder aux actifs productifs (en gardant à l’esprit les considérations clés de la charge des soins, de l’accès à la mobilité et à l’emploi formel…).
  • Capacité d’action : Renforcer l’expression des femmes et les mettre en capacité d’agir, en incitant les hommes et garçons à partager avec elles les décisions sur la prestation de services, la réduction des violences sexistes et la gestion de situations conflictuelles.
  • Propriété : Supprimer les obstacles à la propriété et au contrôle des biens par les femmes, en améliorant l’accès des femmes à la terre, au logement et à la technologie.

En s’appuyant sur cette stratégie, les investisseurs, et en particulier les équipes de développement, sont amenés à examiner les modalités de dialogue avec les parties prenantes potentiellement impactées, afin d’identifier et évaluer les écarts concrets entre les genres. Autant d’efforts qui débouchent sur le développement d’un plan d’action en matière de genre.

 

3. Exemples pratiques de la mobilisation du capital pour l’autonomisation des femmes

  • Zoom sur 3 entreprises du secteur agricole soutenues par I&P 

I&P est engagé depuis 20 ans pour financer et accompagner l’émergence de champions de l’entrepreneuriat africain. En tant qu’investisseur d’impact, I&P vise un retour social et/ou environnemental positif ainsi qu’une performance financière significative dont l’impact est mesurable par un processus continu d’évaluation.

Cette approche porte à la fois dans le choix d’investissements ciblés et dans l’accompagnement des entreprises sélectionnées. L’accompagnement se caractérise également par la mesure de l’impact social et/ou environnemental de l’entreprise, sur la base d’objectifs prioritaires et de modalités de suivi des progrès sur les impacts positifs escomptés. Dans le cadre de sa stratégie genre1, I&P cherche activement à développer un pipeline de PME, soit gérées par des femmes, soit à fort impact pour les femmes.

I&P inclut donc systématiquement des plans d’action spécifiques au genre dans le plan d’action ESG des entreprises en portefeuille (augmentation du nombre d’emplois féminins, accès à des postes de direction, formations spécifiques…). À date, 33% des entreprises accompagnées par la famille I&P sont dirigées par des femmes. De même, 79% du portefeuille d’I&P répond à au moins un critère du 2X Challenge, une initiative des banques de développement pour définir ce qui serait considéré comme un investissement favorable aux femmes.

Au sein du portefeuille d’I&P, plusieurs entreprises illustrent comment une perspective de genre peut être développée dans le secteur agriculture, comme :

    • Soafiary (Madagascar) :Fondée en 2006 par la promotrice malgache Malala Rabenoro, Soafiary est spécialisée dans la collecte, la transformation et la vente de céréales (maïs, riz) et de légumineuses (haricots, pois du cap, lentilles, soja) sur le marché local et international.
    • Citrine (Côte d’Ivoire) :Citrine Corporation est une entreprise spécialisée dans la transformation du manioc en attiéké frais (semoule de manioc) et en placali (pâte de manioc) au sud de la Côte d’Ivoire, plus précisément à Grand-Bassam.
    • Rose Eclat (Burkina Faso) :Entreprise familiale créée en 1999 par Rosemonde Touré, Rose Eclat est une société de transformation de fruits et légumes. Aujourd’hui, l’entreprise met sur le marché national et international des fruits et légumes transformés et/ou séchés certifiée biologique et conforme à la méthode de gestion de la sécurité sanitaire des aliments (HACCP). L’entreprise produit principalement de la mangue mais aussi des bananes, des gombos, des fraises ou encore des oignons.

Emblématiques de l’action d’I&P en matière d’autonomisation des femmes dans le secteur agriculture, ces trois entreprises se sont engagées à appliquer une politique favorable à l’égalité des genres et à l’autonomisation des femmes. L’une d’entre elles, Soafiary, a retranscrit cette politique en une feuille de route résumant tous ses engagements en matière d’égalité et d’autonomisation des femmes. Cette feuille de route écrite sert à tracer les grandes lignes de la politique genre de l’entreprise, et est surtout un outil concret de suivi et d’évaluation que ce soit en interne ou en externe des avancés et des efforts qui ont été fait par l’entreprise en matière d’égalité homme-femme.

Les trois entreprises priorisent le recrutement des femmes aux emplois saisonniers et n’appliquent aucune forme de discrimination sexuelle pour les recrutements aux emplois fixes. Les femmes y sont également impliquées dans le processus de prise de décision et occupent divers postes à responsabilité. Ainsi, les hommes et les femmes ont les mêmes égalités de chance d’avancement professionnel – soit via l’accès à des emplois fixes ou à emplois saisonniers, et ce avec des rémunérations comparables. Les femmes bénéficient en outre de formations sur leurs lieux de travail.

Rose Eclat en particulier donne l’opportunité aux femmes de se former en dehors de l’entreprise en vue d’un avancement professionnel ou qui leurs permettront plus tard de se mettre à leurs comptes.

Les trois entreprises veillent de plus au respect des droits à l’intégrité physique et morale des femmes sur et en dehors de leurs lieux de travail et les donnent accès à des soins de santé et à la protection sociale. Soafiary a également mis en place un système d’inclusion financière et de bancarisation des femmes. L’accès à des produits et services financiers permet aux femmes d’anticiper le financement d’objectifs à long et moyen terme ou de faire face à des imprévus. Par ailleurs, l’épargne encourage le crédit, et inversement.

  • Zoom sur l’approche SUTTI de Ksapa

Misant particulièrement sur ce levier de la formation, Ksapa a lancé l’initiative Scale-up Training, Traceability, Impact initiative (SUTTI) pour le développement de chaînes d’approvisionnements agricoles responsables. Nous proposons pour cela aux petits exploitants agricoles l’accès à de la formation et de l’éducation technique et opérationnelle. Ainsi nous visons l’optimisation des cultures et la production économique agricole, l’amélioration de la qualité des moyens de subsistance des agriculteurs en augmentant les revenus, en diversifiant les activités et en réduisant la pauvreté et enfin la parité entre hommes et femmes. Et ce, notamment pour retenir les jeunes fermiers dans les zones rurales.

Grâce au développement de notre propre application numérique, nous combinons l’analyse et l’évaluation, la structuration de la coalition et le calibrage du pilote et la mise en œuvre du programme et le suivi de l’impact. C’est ainsi que Ksapa mesure l’impact de l’initiative SUTTI et particulièrement les impacts spécifiques liés aux femmes, principalement leur inclusion dans le programme. Via la formation, nous soutenons l’autonomisation des femmes, en ouvrant la division conventionnelle du travail et le potentiel des femmes à vendre et gérer le produit de leur travail et à exploiter des activités de revenus diversifiées.

Parce que les femmes subissent de plein fouet le manque d’inclusion financière, d’alphabétisation et de compétence numérique, notre solution vise une accessibilité optimale de ces dernières. Nos programmes étant centrés la diversification des revenus des petits producteurs agricoles, ils développent par là même un levier additionnel d’autonomisation des femmes en milieu agricole. En somme, cette approche vise à débloquer 4 défis clefs de la manière suivante :

DEFIS CLEFS  SOLUTIONS PERTINENTES
Faible productivité due au manque d’accès à l’information et aux services, au changement climatique, à la variabilité des conditions météorologiques et aux épidémies de parasites et de maladies.  Sensibilisation aux bonnes pratiques agricoles (BPA) : dispenser des sessions en face à face et numériques pour encourager la génération de revenus via l’efficacité de l’eau, le crédit carbone et la diversification des cultures. Via une application numérique, il est possible de partager des vidéos et des tutoriels qui soutiennent des tests pratiques et la mise en œuvre des BPA à l’échelle de toute l’exploitation. Développer les outils d’aide à la décision : les applications numériques peuvent inclure une fonction de chat communautaire permettant aux petits exploitants agricoles de partager leurs questions et de décider de la meilleure façon de mettre en œuvre les BPA. Une fonction de marketplace offre aux petits exploitants agricoles l’opportunité de partager des informations sur les prix et volumes pour pouvoir décider où et quand vendre. Lever les barrières de langue et de culture numérique : Adapter les solutions aux besoins des petits exploitants agricoles implique notamment de traduire les contenus dans les langues locales – en intégrant une fonction de synthèse vocale à destination des fermiers moins lettrés.
 Manque d’accès à des produits financiers et d’assurance adaptés Développer des solutions financières pour les petits exploitants, payées par exemple avec des jetons émis via un système de compensation carbone.
L’accès des femmes aux services numériques  Organisation des groupes de formation féminins (par exemple, recruter une cohorte exclusivement féminine sur trois) pour identifier et répondre aux besoins spécifiques des agricultrices. Adapter le contenu en conséquence (par exemple, en incluant une perspective de genre, notamment dans les contenus de formation sur la santé-sécurité sur la ferme).
Manque d’accessibilité et de capacité à sélectionner les marchés et modalités de vente  Structurer l’approvisionnement des petits producteurs agricoles en intrants, payés via un système de compensation carbone et les revenus d’un outil de gamification les incitant à répondre régulièrement à des questionnaires de suivi d’impact. Favoriser l’accès au marché en soutenant la diversification des cultures tout au long de l’année en dehors du cycle de production de la culture prédominante des fermiers concernés. Conforter les outils d’aide à la décision avec un module qui permettre aux petits exploitants agricoles d’identifier de nouveaux modes de commercialisation, suivre leurs transactions et identifier les meilleures options pour acheter/vendre leurs cultures

 

Conclusion 

A la tête de leurs programmes à impact respectifs, I&P et Ksapa tirent ensemble 5 grands enseignements pour l’intégration d’une solide perspective de genre :

  • Prioriser les questions d’autonomisation des femmes dans le développement de projets de développement agricole
  • Formaliser les contributions directes et indirectes du secteur agricole aux dynamiques de genre
  • Clarifier les rôles et responsabilités pour le développement d’une robuste perspective du genre
  • Attribuer des ressources spécifiques à l’autonomisation des agricultrices
  • Développer des mécanismes de dialogue et de remontée des griefs propres aux agricultrices
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Entrepreneuriat agricole : quelques clés pour développer le potentiel des zones rurales d’Afrique

Cet article a été initialement publié sur cnbcafrica.com Bobby Juuko – Class M [06 Oct 2021] (lien vers la publication originale) En dépit de toutes les initiatives prises par les…

Cet article a été initialement publié sur cnbcafrica.com
Bobby Juuko – Class M [06 Oct 2021] (lien vers la publication originale)

En dépit de toutes les initiatives prises par les gouvernements africains, les bailleurs de fonds internationaux et les acteurs locaux au cours des dernières décennies, il n’y a pas eu de réponse satisfaisante au défi de l’agriculture africaine. Avec une population estimée à 2,5 milliards d’habitants en 2050, l’Afrique est confrontée à une problématique d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité : nourrir une population qui aura doublé en 50 ans.

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Les programmes d’accélération : qu’en dit la littérature académique ?

Depuis plusieurs années, des programmes d’accélération ont vu le jour un peu partout dans le monde, notamment sur le continent africain. L’objectif de ces initiatives est de soutenir les jeunes…

Depuis plusieurs années, des programmes d’accélération ont vu le jour un peu partout dans le monde, notamment sur le continent africain. L’objectif de ces initiatives est de soutenir les jeunes entreprises qui ont fait la preuve que leur modèle était viable et qui cherchent à faire croître leur activité. Que dit la littérature académique de ces programmes?

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Emploi des jeunes : L’Afrique ne doit pas former plus, mais former mieux

Il suffit de quelques chiffres pour comprendre l’ampleur des enjeux liés à l’employabilité des jeunes sur le continent Africain. Aujourd’hui, les 15-24 ans représentent 20% de la population africaine, mais…

Il suffit de quelques chiffres pour comprendre l’ampleur des enjeux liés à l’employabilité des jeunes sur le continent Africain.

Aujourd’hui, les 15-24 ans représentent 20% de la population africaine, mais plus de 40% des chômeurs[1]. D’ici 2030, selon les estimations de l’UNESCO, environ cent millions de jeunes débarqueront sur le marché du travail en raison de la structure démographique du continent.

En parallèle, nombre d’entreprises et d’employeurs sont en quête de personnel qualifié[2], et de fait employable[3]. On constate dans de nombreux secteurs une inadéquation entre les programmes de formation disponibles et les spécificités du marché du travail, en constante restructuration.

On pourrait donc se demander si le grand défi aujourd’hui n’est pas de former plus, mais de former mieux ? Et ce notamment dans le cadre des parcours d’enseignement et de formation techniques et professionnels, qui ont évidemment un grand rôle à jouer pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.

Nous allons creuser dans cet article trois pistes d’amélioration, en se basant sur l’expérience concrète d’une PME africaine ivoirienne spécialisée dans la formation professionnelle : l’Institut de Management, de Gestion et d’Hôtellerie (IMGH), fondée par Augustine Bro en 2009. Entre décembre 2020 et juillet 2021, les collaborateurs d’IMGH (managers, middle-managers, formateurs) ont en effet participé à formation destinée au renforcement des capacités, organisées par la GIZ Côte d’Ivoire.

 

Piste n°1 : bien négocier le virage vers la digitalisation

Tournés vers la pratique, l’apprentissage et l’acquisition des techniques de travail, les parcours de formation techniques et professionnels sont les premiers à devoir s’adapter à la mondialisation et aux changements technologiques qui en découlent. La transition vers le numérique, qui devait se faire de manière progressive, a été drastiquement accélérée par la crise de la Covid-19, qui a touché de plein fouet le secteur de la formation, et par la même redéfini les demandes du marché du travail.

Les prérequis pour bien négocier ce virage sont dans un premier temps d’ordre matériel. En Afrique de l’Ouest, la connectivité des foyers n’est pas assurée dans de larges zones rurales ou isolées. À ces enjeux de couverture internet, s’articulent ceux du coût des forfaits pour consulter les outils en ligne nécessaires à l’apprentissage[4]. Enfin, l’acquisition de matériels informatiques pour accéder aux contenus des formations en ligne s’avère être une charge supplémentaire pour les étudiants.

 

Focus IMGH :

Pour pallier ces difficultés matérielle, l’IMGH a mis en ligne des capsules de formation consultables via ordinateur et mobile. Une initiative qui a solutionné à la fois l’impossibilité de tenir des cours en présentiel au plus fort de la crise Covid, et celui de la connectivité des apprenants dans la mesure où la plupart avaient au moins accès à internet via leurs smartphones. Des efforts financiers seront encore à faire pour que la totalité des étudiants aient accès aux cours en ligne.

Depuis la crise Covid, l’IMGH a définitivement adopté une formule mixte, combinant présentiel et distanciel. Ce format offre plusieurs avantages : apprentissage à un rythme personnel, contenu personnalisable, économie de coûts… c’est aussi un modèle qui a fait ses preuves et qui saura s’adapter à de probables crises futures, qu’elles soient d’ordre sanitaire, économique ou politique

 

Au-delà des questions de matériel et de connectivité, le plus grand défi de cette transition vers le digital pourrait être celui de la compétence des formateurs et de la transmission du savoir (savoirs théoriques, mais aussi et surtout le savoir-faire – techniques, gestes professionnels, pratique – et le savoir-être comportements – qualités – valeurs).

Certains de ces éléments, déjà difficiles à transmettre dans le cadre d’un partage en présentiel, le sont encore plus dans le cas des enseignements à distance ou hybrides et nécessitent beaucoup plus d’implication et de pédagogie de la part des formateurs. D’où la nécessité de former au préalable les formateurs et tout autre personne impliquée dans le processus de transmission.

Piste n°2 : mettre à jour les compétences des formateurs

La qualité et la pertinence de toute formation professionnelle découlent directement de la compétence professionnelle des formatrices et formateurs.

Pour le cas particulier des formations professionnelles, les cours proposés sont pour la plupart assurés par des équipes pédagogiques issues du corps du métier. Cette situation répond à la logique de transmission des techniques propres à chaque métier, qu’il serait difficile de partager autrement. Il n’en reste que ces savoirs empiriques, acquis certes grâce à des années d’expérience dans le domaine, ont tendance à se figer dans le temps. Le risque étant qu’une fois transposés sur le marché de l’emploi, les compétences transmises aux étudiants se révèlent être obsolètes. En conséquence, il est capital de renouveler en permanence les compétences des formateurs.

La formation des managers et mid-managers est également un paramètre indispensable. À l’heure de la transformation numérique, le succès d’une nouvelle stratégie de développement repose sur la capacité de tous les collaborateurs à se l’approprier. Ceux-ci contribuent pleinement à la transformation interne de l’entreprise et participent de ce fait au processus de transfert des compétences.

 

Focus IMGH

La formation de la GIZ, suivie par l’équipe d’IMGH, se fonde sur la logique de l’alternance pratique/théorie/pratique qui permet d’actualiser et transporter directement sur le lieu de travail les connaissances acquises grâce à un point de vue et une expérience extérieure à sa propre organisation.

Selon Augustine Bro, fondatrice d’IMGH, cette formation a permis à l’ensemble de son équipe d’être plus au fait des changements qui s’opèrent sur le marché professionnel et d’adapter leurs offres de formation sur le long terme.

 

Piste n°3 : Renforcer les capacités par la méthode de codéveloppement

Enfin, on peut avoir une approche plus collective des nouvelles problématiques liées à la transformation des métiers. Remettre à jour les compétences et savoirs pour s’adapter au mieux à la demande du marché de l’emploi est une nécessité, et le fait d’être au contact d’autres professionnels serait un moyen efficace pour pallier ses propres lacunes et acquérir de nouvelles connaissances.

Le groupe de codéveloppement professionnel est une approche de développement pour des personnes qui croient pouvoir apprendre les unes des autres afin d’améliorer leur pratique. La réflexion effectuée, individuellement et en groupe, est favorisée par un exercice structuré de consultation qui porte sur des problématiques vécues actuellement par les participants[5].

La méthode de codéveloppement permet ainsi de directement attaquer le côté pratique d’un travail, d’une tâche à exécuter, de manière concertée. A l’inverse d’une approche normative qui n’offre finalement qu’un point de vue unique, le codéveloppement, par le biais de la pluralité des contributions, décuple les perspectives de développement. Cette approche invite chacun à considérer une situation d’un angle différent et complémentaire, à pousser la réflexion beaucoup plus loin et à adapter de nouvelles solutions plus productives.

 

Focus IMGH

« L’adoption de la méthode de codéveloppement a amené un nouveau souffle au sein de notre organisation. Une nouvelle dynamique très positive s’est installée et chacun y met volontairement du sien aujourd’hui que cela soit sur des questions de formation, de management ou de gouvernance. Par exemple, ceux qui ont plus de facilité en informatique n’hésitent pas à donner un coup de pouce à leurs collègues en difficulté et ceux qui sont en peine sur d’autres sujets n’hésitent pas non plus à demander des conseils ou de l’aide. Que cela soit sur le plan comptable ou sur l’ambiance de travail, cette méthode ne présente jusqu’ici que des avantages » – Augustine Bro

 

En conclusion

L’inadéquation entre les programmes de formation existant et les besoins d’un marché du travail en constante évolution entravent le développement économique des pays africains. Les opportunités existent et se créent, mais le continent peine encore à fournir une main d’œuvre qualifiée et employable.

Les acteurs de la formation professionnelle, comme IMGH en Côte d’Ivoire, doivent proposer du contenu à jour et pertinent. Nous avons évoqué ici quelques pratiques mises en œuvre par IMGH depuis la crise Covid-19 et la formation de la GIZ (digitaliser son offre de formation, renforcer les compétences des formateurs et des équipes…), mais bien d’autres idées peuvent encore être formulées pour apporter une formation professionnelle pertinente et de qualité à la jeunesse africaine !


[1]  http://www.iiep.unesco.org/fr/en-afrique-la-transformation-de-la-formation-professionnelle-est-en-marche-13763

[2]  Jean-Michel SEVERINO, RFI 20/01/19 https://www.rfi.fr/fr/emission/20190121-afrique-manque-emplois-qualifies-investir-formation

[3] En se référant à la définition donnée par l’Organisation internationale du travail (OIT), l’employabilité est « l’aptitude de chacun à trouver et conserver un emploi, à progresser au travail et à s’adapter au changement tout au long de la vie professionnelle »

[4] https://www.entreprenanteafrique.com/les-ecoles-africaines-au-temps-du-covid-19/#_ftn6

[5] Adrien PAYETTE, Claude CHAMPAGNE, PUQ, 1997 ( https://www.puq.ca/catalogue/livres/groupe-codeveloppement-professionnel-573.html )

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