Penser et agir pour l’entrepreneuriat en Afrique

Santé

L’entreprise MAÏA, ou comment adapter son idée aux réalités du terrain

Maïa Africa, nouvelle entité du projet Faso Soap, est une entreprise sociale burkinabé fondée et dirigée par un duo d’entrepreneurs franco-burkinabé. Après quatre années de Recherche & Développement, la société…

Maïa Africa, nouvelle entité du projet Faso Soap, est une entreprise sociale burkinabé fondée et dirigée par un duo d’entrepreneurs franco-burkinabé. Après quatre années de Recherche & Développement, la société met au point un savon innovant permettant d’éloigner les moustiques. L’objectif : sauver 100 000 vies du paludisme. Mais en 2017, malgré une reconnaissance internationale et une campagne de crowdfunding réussie[1], la trajectoire de développement de Maïa Africa a failli être arrêtée nette. A quelles difficultés les entrepreneurs se sont-ils confrontés ? Comment les ont-ils surmontées ? Petit exemple de l’abnégation nécessaire pour assurer la réussite de son projet entrepreneurial.

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Parcours d’entrepreneures africaines (2/2): Sylvie Sagbo et Sokhna Ndiaye

Poursuivons, en cette Journée Internationale des Droits des Femmes, notre exploration de parcours entrepreneuriaux féminins inspirants et riches en expérience. Dans cette seconde partie, nous avons interviewé deux femmes entrepreneures…

Poursuivons, en cette Journée Internationale des Droits des Femmes, notre exploration de parcours entrepreneuriaux féminins inspirants et riches en expérience. Dans cette seconde partie, nous avons interviewé deux femmes entrepreneures sénégalaises: Sylvie Sagbo, qui après plusieurs expériences à l’international a repris l’entreprise sénégalaise fondée par sa mère, et Sokhna Ndiaye, engagée dans plusieurs associations et entreprises opérant dans le domaine de la santé.

Retrouvez la partie 1 ici →

 

Sylvie Sagbo

 

Sylvie Sagbo dirige depuis 2015 SENAR Les Délices de Lysa, une PME sénégalaise qui transformes les arachides et noix de cajou. Titulaire d’un master en finance et gestion des marchés obtenu à l’Ecole de Gestion de Paris, elle a travaillé pendant 18 ans dans la finance de marchés (asset management, gestion de portefeuilles dans les banques, etc.). Elle est ensuite passée à mon compte pendant une dizaine d’années, et a également ouvert un restaurant de cuisine africaine en région parisienne. Elle est finalement rentrée sur Dakar, pour rejoindre l’entreprise fondée par ma mère en 1982, à une période où cette dernière souhaitait se retirer progressivement de la société.

 

Pourquoi avoir décidé d’entreprendre ?

Je pense que j’ai toujours porté cette fibre entrepreneuriale, et cela transparaît à travers mon parcours : quand je travaillais en tant que consultante à mon compte, quand j’ai lancé avec mon mari le restaurant de cuisine africaine, et bien sûr quand j’ai repris SENAR, l’entreprise fondée par ma mère. J’ai grandi avec cette entreprise, et je m’en suis toujours occupée, même en étant loin. Cela donc été naturel de reprendre la structure, et c’était très motivant car je savais qu’on pouvait en faire une très belle entreprise.

Avez-vous connu des difficultés du fait que vous soyez une femme ?

Il est possible que mon dossier de financement ait été refusé par leur passé parce que j’étais une femme, mais cela ne m’a jamais été montré ni dit clairement. J’ai travaillé avec deux directeurs commerciaux qui n’ont jamais accepté que je leur dise quoi faire et cela je pense est lié au côté ‘’macho’’ qu’il peut y avoir ici en Afrique.

Qui sont vos modèles, vos figures d’inspiration ?

Je pense tout de suite à ma mère. Quel parcours ! Elle a commencé au bas de la porte et a finalement créé l’une des plus grandes sociétés qui vend des noix de cajou ici au Sénégal. Autrement je n’ai pas vraiment de nom en tête, mais en tout cas, dès que je vois une femme qui réussit et qui s’en sort, qui arrive à entreprendre, à faire de belles choses, c’est quelque part un modèle pour moi.

Comment vous voyez vous dans dix ans ?

Dans dix ans je me vois à la tête d’une grande entreprise africaine sénégalaise, leader dans la distribution de noix de cajou en Afrique et dans le monde. Je pense que nous sommes sur la bonne voie car on a des produits de très bonne qualité et sains. Je travaille le beurre de cajou. J’ai créé une pâte à tartiner qui s’appelle le Cajoutella, qui n’a rien à envier à son voisin lointain (rires) !  Et j’ai beaucoup d’autres idées de produits pour mon entreprise !

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneures ?

Je pense qu’il faut d’abord se battre. Dans tous les cas un entrepreneur doit se battre, mais une femme entrepreneure doit se battre deux fois plus parce que c’est une femme et on doit gérer la famille et le boulot. Quand on veut entreprendre, on ne doit pas entreprendre sur une idée juste comme cela : il faut peaufiner son idée, faire une étude de marché, même minime, pour faire son business modèle. Pourquoi je veux le faire ? Quelle est ma cible ? Quel chiffre d’affaires je souhaite faire ? Vraiment faire une analyse avant de se lancer. Et puis une fois cela fini, entreprendre avec les tripes. Il faut être passionnée ! Sans passion, on ne peut pas entreprendre. Donc une femme, si elle entreprend avec ses tripes, avec son ventre, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’y arrive pas. Par contre, il faut beaucoup de courage, parce que ce n’est pas une vie simple, il y a des hauts et des bas, comme partout, mais ce n’est pas simple, surtout en Afrique. Il y a beaucoup de femmes entrepreneures aujourd’hui, et il y en aura beaucoup plus encore… des modèles à suivre vont émerger !

 

Retrouvez en vidéo l’interview réalisée par SENAR à l’occasion du 8 mars!

 

 

Sokhna Diagne Ndiaye

 

Quelques mots sur votre parcours ?

Je suis Sokhna Ndiaye, pharmacienne de fonction et titulaire d’une officine à Dakar au Sénégal et présidente du Conseil d’Administration de la société Duopharm. Nous avons été accompagnés entre 2010 et 2017 par Investisseurs & Partenaires, et cela s’est très bien passé. Je suis aussi Présidente du Conseil d’Administration de l’Université des Sciences de la Santé, qui forme des pharmaciens, des médecins et des chirurgiens-dentistes. Je suis par ailleurs membre de plusieurs fondations : Vice-Présidente de la Ligue Sénégalaise contre le Cancer, Présidente de la commission des diplômés de la fondation de l’université Cheick Antia Diop, représentante au Sénégal du Monaco Collectif humanitaire où je représente la Croix Rouge monégasque et l’association Rencontres Africaines. J’ai aussi d’autres activités sociales dans l’éducation…

Comment arrivez-vous à concilier votre vie personnelle et votre vie professionnelle ?

Très bonne question. C’est juste une question d’organisation. Dans mon officine, il y a 25 personnes : ce n’est pas facile à manager mais nous avons une organisation cohérente. Chacune et chacun a une mission propre. Au sein de Duopharm, en tant que Présidente du Conseil d’Administration, je suis très impliquée mais je ne suis pas dans l’exploitation directe, ce qui permet de libérer du temps et de me consacrer à d’autres activités sociales qui sont extrêmement importantes pour moi.

Être une femme, un atout ou une difficulté dans le milieu professionnel ?

Je pense que dans le domaine social, notamment quand je regarde mon expérience à la Ligue Sénégalaise contre le cancer, être une femme donne un peu plus de sensibilité à nos partenaires. Au Sénégal, les femmes occupent un rôle important. Il y a eu des avancées significatives.  Les femmes au Sénégal se sont pratiquement approprié le secteur social et je pense que le fait d’être une femme est un avantage pour coordonner ces activités et ces mouvements-là.

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneures ?

Il faut que les femmes aient confiance en elles, le débat ne se pose pas. En Afrique, les femmes pourraient jouer un plus grand rôle économique. Les femmes n’ont pas un rôle de seconde zone. Je pense que c’est aux femmes de continuer à se battre, de montrer qu’à chaque fois qu’on leur confie une tâche ce qu’elles sont capables de faire. Les résultats sont tangibles à l’échelle mondiale me semble-t-il : à chaque fois que dans des domaines spécifiques, on confie la gestion à une femme, les résultats, les performances sont supérieures à celles des hommes. Une femme ne doit pas avoir peur du fait d’être femme. Une femme doit s’affirmer, se battre et une fois à leur poste, travailler et donner plus de résultats que les hommes. Donc les femmes: travaillez, travaillez bien!

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L’entrepreneuriat au service de la santé : l’exemple de la clinique PROCRÉA

  Basée à Abidjan, la clinique PROCRÉA propose une offre de soins dédiée à la santé de la reproduction. Fondée en 2008, elle est aujourd’hui leader en Côte d’Ivoire pour…

 

Basée à Abidjan, la clinique PROCRÉA propose une offre de soins dédiée à la santé de la reproduction. Fondée en 2008, elle est aujourd’hui leader en Côte d’Ivoire pour l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), une technique qui permet aux personnes qui ont des difficultés à avoir un enfant à réussir à enfanter. Vulgariser cette pratique et la rendre accessible au plus grand nombre est au cœur de la démarche de la fondatrice et actuelle directrice de la clinique, Dr. Myriam Kadio-Morokro BROU. Retour sur son parcours, les obstacles rencontrés et ses motivations.

 

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