Penser et agir pour l’entrepreneuriat en Afrique

Entrepreneuriat féminin

Covid-19 : quels impacts sur le secteur de la petite enfance ?

Face aux fermetures d’établissements scolaires qui ont eu lieu dans au moins 188 pays autour du monde suite à la crise de Covid-19, beaucoup d’institutions éducatives ont dû mettre en…

Face aux fermetures d’établissements scolaires qui ont eu lieu dans au moins 188 pays autour du monde suite à la crise de Covid-19, beaucoup d’institutions éducatives ont dû mettre en place un système d’apprentissage à distance. Cette réorganisation temporaire de l’activité aura assurément un impact fort et durable sur les structures éducatives.

Si cet apprentissage à distance est parfois complexe, notamment à cause des problématiques de connexion ou de disponibilité des outils informatiques, il l’est encore plus pour le secteur de la petite enfance, compte tenu du risque de surexposition des tout-petits aux outils numériques et l’absence d’autonomie de ces derniers dans leur apprentissage, ce que témoignent les trois acteurs dédiés à ce secteur rencontrés pour cet article.

 

Un apprentissage à réinventer

La crise sanitaire actuelle a forcé les institutions éducatives dans leur ensemble à réinventer et repenser leurs activités. La Coccinelle, un réseau de crèches et d’écoles maternelles en Côte d’Ivoire a ainsi mis en ligne des exercices, des jeux éducatifs, des comptines et quelques activités de graphisme, pré-lecture et de mathématiques pour que les enfants ne perdent pas leurs acquis. Chez Kër ImagiNation, un centre d’apprentissage et de culture pour les enfants au Sénégal, des sessions en ligne par Zoom ont été effectuées en petits groupes pour permettre une meilleure participation des enfants. Au fur et à mesure, les contenus et la façon d’interagir à distance avec les enfants se sont affinés, avec par exemple l’utilisation de marionnettes ou la proposition d’expériences éducatives simples, comme une expérience sur l’eau, que les enfants pouvaient réaliser chez eux avec leurs parents.

L’apprentissage en ligne, bien qu’il soit possible, et parfois même favorable, pour les matières théoriques, ne se prête pas facilement à l’apprentissage pratique. Ainsi, chez La Coccinelle, les parents devaient imprimer les exercices pour permettre aux enfants de travailler sur papier. Car beaucoup de domaines, comme par exemple le graphisme, ne peuvent être appris en ligne. Chez, l’Institut Académique des Bébés au Sénégal, une école de formation diplômante dédiée à la formation professionnelle des métiers de l’Enfance, les matières pratiques représentent environ 45% du cursus des apprenant.e.s. Pour ces matières, l’apprentissage en ligne n’était pas envisageable et des ateliers pratiques ont été réalisés dans les locaux, en petits groupes. Cela a nécessité néanmoins un investissement conséquent pour la promotrice, car c’est toute l’organisation de l’école qu’il a fallu repenser. L’espace a dû être réaménagé, pour respecter le mètre de distanciation sociale entre les apprenant.e.s. Un achat conséquent de masques et de gel hydro alcoolique a dû être réalisé pour équiper les apprenant.e.s et formateurs.rices. Et enfin, entre chaque groupe, une désinfection des locaux s’imposait.

L’apprentissage en ligne, possible et parfois favorable pour les matières théoriques, ne se prête pas facilement à l’apprentissage pratique

 

 

Un apprentissage empli de difficultés

La crise a révélé d’énormes disparités dans le niveau de préparation des pays aux situations d’urgence, l’accès des enfants à Internet et la disponibilité du matériel pédagogique. Ces difficultés rendent difficile le maintien en éveil et l’apprentissage des enfants éloignés de ces outils.  De plus, pour réaliser cet apprentissage à distance, il a fallu souvent former, à la fois les parents et les formateurs.rices, aux outils numériques.

Enfin, l’école à la maison nécessite pour les tout-petits la présence d’un parent ou d’un adulte, à même d’accompagner l’enfant dans son apprentissage. Or les occupations professionnelles de ces derniers n’étaient pas forcément compatibles avec les besoins des enfants. La fermeture des établissements scolaires a laissé les parents en désarroi sur la façon d’accompagner l’apprentissage des enfants à la maison. Consciente de ces enjeux, Karima Grant, fondatrice de Kër ImagiNation, souhaite désormais développer un projet dédié spécifiquement aux parents, afin de les accompagner, à travers une plateforme, dans la parentalité et la pédagogie.

La fermeture des établissements scolaires a laissé les parents en désarroi sur la façon d’accompagner l’apprentissage des enfants à la maison.

 

 

Une même inquiétude : le futur du secteur de la petite enfance et, en conséquence, le futur de ces enfants

Les réalités du secteur de la petite enfance sont particulièrement préoccupantes : en effet, le recouvrement des frais de scolarité est encore plus complexe en période de fermeture des établissements scolaires, auquel s’ajoutent les charges de personnel et de fonctionnement de l’école. Beaucoup d’acteurs de la petite enfance en Afrique Subsaharienne sont aujourd’hui dans une situation délicate, avec beaucoup d’incertitudes pour la rentrée scolaire.

Ces derniers se sentent oubliés par les autorités publiques, alors même que le secteur de la petite enfance est primordial pour le développement et la construction de l’enfant. Au Bangladesh, une étude mise en place par le Strategic Impact Evaluation Fund (SIEF) de la Banque Mondiale a révélé que fournir aux jeunes enfants une année supplémentaire d’éducation préscolaire est un moyen efficace d’améliorer la préparation à l’école pour les filles et les garçons (et surtout les filles). Les chercheurs ont mesuré l’impact d’une année supplémentaire de préscolaire des enfants à l’âge de 4 ans, par rapport à l’année standard d’un an seulement à partir de 5 ans. Au bout de deux ans, les enfants à qui l’on a proposé une année supplémentaire de préscolaire ont obtenu des résultats nettement plus élevés en matière de lecture, d’écriture, de calcul et de développement socio-affectif que les enfants qui n’ont accès à la préscolarisation qu’à partir de l’âge de 5 ans.

Selon Sara Adico, directrice de La Coccinelle, « L’éveil, la simulation et l’épanouissement des enfants ont été relégués au dernier plan. Or si la petite enfance est bien encadrée, elle favorise un bon développement psychique de l’enfant, ce qui est porteur pour toute la nation ».  Les enfants auraient déjà commencé à désapprendre, tant au niveau des compétences (graphisme, dictée…), qu’au niveau psychique (interactions sociales, motricité…), une situation plus aggravée pour les enfants souffrant de problèmes psychosociaux. Selon ces acteurs, si la situation venait à s’éterniser, cela devrait affecter le primaire, le secondaire et enfin le supérieur dans les années à venir, et ainsi représenter un réel problème de capital humain et causer de sérieuses répercussions économiques.

Si la situation venait à s’éterniser, cela devrait affecter le primaire, le secondaire et enfin le supérieur , et ainsi représenter un réel problème de capital humain dans les années à venir

 

Que ce soit pour Sara Adico de La Coccinelle, Karima Grant de Kër ImagiNation ou Fa Diallo d’IAB, la crise actuelle peut être une opportunité de réinventer et de repenser le secteur de la petite enfance. C’est un moyen, pour la communauté éducative de ce secteur, une fois les faiblesses de l’outil numérique comme solution à l’apprentissage à distance pour la petite enfance reconnues, de chercher des solutions innovantes destinées à améliorer la valeur ajoutée à la prise en charge de l’enfant.  Mais pour cela, une réflexion doit être menée avec l’ensemble des parties prenantes (les familles, les institutions publiques, les grands employeurs…) pour trouver et créer des dispositifs favorables à la construction psychologique des enfants. Concernant la petite enfance, il ne convient pas de limiter ses efforts dans le domaine de la santé ou de la nutrition, car l’inexistence de structure de prise en charge de qualité de la petite enfance peut être spécialement dommageable pour le développement psychique de l’enfant et ainsi, à plus long terme, avoir de réelles implications économiques et de capital humain.

 

Pour aller plus loin

Découvrir dans cette série l’article « Les écoles africaines au temps du Covid-19 »

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Éducation des filles, émancipation des femmes

Aujourd’hui, de nombreuses jeunes filles rencontrent des barrières importantes concernant l’accès à l’éducation – primaire, secondaire et supérieure –, l’obtention d’un emploi décent et rémunérateur, l’accès aux financements… Leur éducation…

Aujourd’hui, de nombreuses jeunes filles rencontrent des barrières importantes concernant l’accès à l’éducation – primaire, secondaire et supérieure –, l’obtention d’un emploi décent et rémunérateur, l’accès aux financements… Leur éducation est souvent jugée non prioritaire, quand elle est en réalité un premier pas vers leur émancipation et leur autonomisation.

 

Une formation inclusive, pertinente et de qualité…

L’Afrique subsaharienne compte 30 millions d’enfants exclus du système scolaire. Les filles, les populations rurales et les communautés marginalisées sont particulièrement touchées. Un des obstacles les plus persistants à la scolarisation des filles est la faible valeur accordée par la société à leur éducation. Lorsque la scolarité n’est plus obligatoire, les familles n’inscrivent pas leur fille, non seulement pour des raisons financières, mais aussi en raison de normes sociales (maintien des filles à la maison, mariage et maternité précoces, infrastructures scolaires inadéquates, discriminations, etc.)

L’éducation primaire a bénéficié d’un soutien important des gouvernements et de l’aide au développement. Des progrès considérables ont alors été réalisés. En Afrique Subsaharienne, 34 % des pays avaient atteint la parité en ce qui concerne l’enseignement primaire en 2017. En revanche, cette performance tombe à 21% pour le premier cycle du secondaire, 5% pour le deuxième cycle du secondaire et même 0% pour l’enseignement supérieur[1]. Faute de moyens financiers et humains suffisants, l’éducation supérieure a fait l’objet de moins d’attention, alors même que les besoins sont immenses et les inégalités de genre criantes.

Pour devenir de véritables actrices du développement de leur région et de leur pays, les jeunes filles et jeunes femmes ont besoin d’un accès continu à une éducation pertinente et de qualité. Des programmes de « seconde chance » à destination des femmes et des jeunes femmes vulnérables, qui n’ont pu bénéficier d’une éducation suffisante pour leur permettre émancipation et autonomisation peuvent être envisagés. Dans ce sens, l’ONU Femmes développe son programme « Second Chance Education and Vocational Learning (SCE) » visant à soutenir les femmes et jeunes femmes marginalisées, n’ayant pu bénéficier d’une éducation et risquant d’être laissées pour compte. Ce projet vise à développer des parcours d’apprentissage, d’entreprenariat et d’emploi adaptés au contexte, abordables et évolutifs, afin de permettre l’émancipation des femmes et jeunes femmes les plus défavorisées du monde.

Il s’agit également de faire évoluer les mentalités : développer des contenus éducatifs qui soient neutres au niveau du genre et mettre en place des actions de sensibilisation destinées à changer la perception que peuvent avoir, à la fois les hommes et les femmes, sur les perspectives de carrière ouvertes aux jeunes femmes.

 

… permet l’accès à des opportunités économiques…

Des différences sensibles entre hommes et femmes sont apparues sur le marché du travail, selon le secteur d’activité, la profession et le type d’emploi (ségrégation verticale et horizontale relative au genre). Les femmes travaillent fréquemment dans des secteurs où les formations susceptibles de permettre une évolution de carrière ou un changement de métier sont plus rares. L’Afrique est la deuxième région du monde la moins égalitaire en termes de participation des femmes à l’économie formelle. Près de 90% des femmes employées sur le continent travaillent dans l’économie informelle, contre 83 % des hommes[2].

La participation des femmes au monde du travail et leur ascension professionnelle se heurtent en outre à des obstacles considérables qui sont le fruit de cultures et de pratiques sectorielles et organisationnelles dominées par des valeurs, des convictions et des modes de comportement (encouragés ou confortés par les normes sociales et les institutions) qui ont un effet de repoussoir ou de plafond de verre.

Les femmes sont ainsi moins susceptibles que les hommes d’étudier dans les domaines de la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. En 2013, la part des femmes diplômées de l’enseignement supérieur en Sciences ainsi qu’en Ingénierie était respectivement de 19% et 21% au Burkina Faso et de 27% et 18% au Ghana[3]. Le manque d’informations sur les possibilités offertes dans ces secteurs dominés par les hommes, les facteurs psychosociaux, l’absence de rôles modèles, les réseaux et les normes sexistes biaisées sont quelques-uns des facteurs qui expliquent ces dynamiques.

Outre les compétences traditionnelles telles que la lecture, l’écriture et le calcul, les compétences numériques sont depuis longtemps devenues l’un des principaux domaines d’expertise pour le 21e siècle. 55% des femmes chefs d’entreprise affirment qu’améliorer leur expertise technique est une priorité. Or, près d’un milliard de filles dans le monde (soit 65% de toutes les filles et jeunes femmes de moins de 24 ans) ne possèdent pas ces compétences, qui sont essentielles pour participer au monde du travail à l’avenir. Certains acteurs se sont ainsi déjà positionnés sur cet enjeu. C’est le cas par exemple du Ghana Code Club[4], qui, avec son projet « Code on Wheels », va organiser un atelier mobile de codage pour les filles et les femmes de 12 à 24 ans dans différentes régions du pays. Les ateliers permettent aux participantes de se familiariser de manière ludique et pratique avec la pensée et les compétences techniques sur ordinateur.

 

… favorables à l’émancipation économique et sociale des femmes.

Les opportunités économiques jouent pourtant un rôle central dans les rapports sociaux. Avoir accès à un emploi décent et rémunérateur, permet de s’affirmer comme membre de la société économique, ce qui constitue un premier pas vers l’autonomisation et l’émancipation.

Donner à davantage de femmes la possibilité d’accéder à des opportunités économiques, d’entreprendre, de consommer librement et de faire partie intégrante de la vie économique réduit non seulement considérablement les inégalités de genre, mais transforme également la société et l’économie dans leur ensemble. En effet, l’inégalité entre les genres freine le développement économique et social. Elle coûterait en moyenne 95 milliards de dollars US par an à l’Afrique subsaharienne, atteignant un pic de 105 milliards de dollars US en 2014 – soit 6 % du PIB de la région[5] – ce qui compromet les efforts du continent pour un développement humain et une croissance économique inclusifs.

 

L’accès à une éducation de qualité, en particulier pour les filles, est ainsi essentiel pour lutter contre le cycle de la pauvreté et pour garantir à une société plus inclusive, l’égalité des chances pour tous.

 


Sources

[1] Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019: Migration, déplacement et éducation: bâtir des ponts, pas des murs, UNESCO, 2019

[2] The power of parity: Advancing women’s equality in Africa, McKinsey Global Institute, November 2019

[3] Is the gender gap narrowing in science and engineering, Unesco, 2015

[4] Pour en savoir plus sur le Ghana Code Club

[5] Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 : Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique, PNUD, 2016

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Le numérique pour relever le taux de réussite scolaire en Afrique

Octobre 2000 – Octobre 2018, déjà 18 ans que j’ai quitté le lycée dans lequel j’ai passé tout mon cycle secondaire de la 6ème à la Terminale: le lycée municipal…

Octobre 2000 – Octobre 2018, déjà 18 ans que j’ai quitté le lycée dans lequel j’ai passé tout mon cycle secondaire de la 6ème à la Terminale: le lycée municipal de la plus grande commune d’Abidjan, grande par sa superficie, son nombre d’habitants au m2 mais aussi et surtout grande par le nombre d’élèves comptés par classe, à cette époque: 80 en moyenne. Je le retrouvais en 2018 scindé en deux lycées pour une meilleure gestion du nombre pléthorique d’élèves dans les mêmes bâtiments vétustes datant de plus 30 ans.

Enthousiasme et nostalgie traduisent parfaitement les sentiments qui m’ont animée pour la présentation du projet qui m’y avait conduit, un projet de coeur d’une haute ambition : relever le taux de réussite aux examens de cet établissement qui oscille autour de 30%, finalement pas si loin de celui du taux national au Baccalauréat (40% en moyenne des 5 dernières années).

Je me nomme Christelle HIEN-KOUAME, ingénieure en marketing et communication, entrepreneuse depuis maintenant 9 ans dans le domaine de communication et du marketing et foncièrement passionnée par l’éducation offerte aux élèves dans mon pays et mon continent.

Contribuer à relever  le taux de réussite scolaire national, n’était-ce pas trop ambitieux comme objectif ?

Le saut dans le domaine éducatif est passionnant et engagé car il nous concerne tous depuis le niveau d’instruction du personnel de la maisonnée, jusqu’au rendu professionnel des collaborateurs en entreprise. Que l’on soit ou non un acteur de l’éducation, nous sommes tous impactés, mieux vaut alors y contribuer à sa manière et selon ses moyens.

Le projet prenezlesfeuilles.com

Le projet au départ était d’offrir aux élèves un recueil numérique de devoirs et d’examens tiré des meilleurs établissements de Côte d’Ivoire afin :

  • de préparer les élèves à exceller dans leurs devoirs et examens car on ne réinvente pas la roue, on l’adapte, la customise: les devoirs et examens de notre système éducatif sont définis par le programme scolaire. Chaque année, d’autres élèves s’y soumettent, les plus malins s’y préparent et les plus intelligents comprennent ce qu’il leur faut comme base pour affronter tous types de devoirs ou examens.
  • leur redonner confiance en eux quant à leur niveau car en réalité un enfant de 3ème d’un lycée coté de la capitale n’a pas le même niveau qu’un élève de même cycle d’un autre établissement d’une ville de l’intérieur du pays !

Mes deux objectifs primaires définis, je m’orientai vers le numérique pour offrir une solution accessible, fiable et innovante à tous ces élèves. Me voilà lancée sans le savoir dans la EDTECH avec les fonds de mon agence de Communication qui voyait s’empiler des devoirs de toutes les disciplines provenant des établissements qui n’avaient pas moins de 70% de taux de réussite aux examens.

Le bébé naît, est spolié dans un pays voisin, est donc rebaptisé un an plus tard sous www.prenezlesfeuilles.com, est officiellement présenté aux autorités (ministère de l’éducation nationale), est apprécié et autorisé à être présenté aux élèves dans tous les établissements du pays. Les affres et tumultes de sa conception lui ont donné plus de coffre, plus de résilience, plus d’objectifs à atteindre. Se limiter à mettre des devoirs et examens à la disposition d’élèves devenait restrictif. Il fallait proposer plus d’alternatives pour les inciter à faire réellement leurs devoirs, les challenger, les motiver à se surpasser quelque soient leurs séries ou disciplines choisies, faire mieux que nous les années précédentes.

Évolutions de la plateforme

Après une analyse profonde des facteurs de réussite, un facteur clé paraissait irréfutable (autre que l’environnement et la motivation) : les outils d’apprentissage.

Nous avons alors intégré à la plateforme trois ingrédients importants: la motivation par la récompense en leur offrant des cadeaux pour des quizz ou exercices effectués correctement dans un délai imparti, l’aide à l’orientation en parlant de métiers avec des parcours différents et enrichissant pour semer des graines de rêve conducteur et enfin des petites capsules de culture générale diffusées sur leur téléphone mobile par le canal WhatsApp.

En Août 2019 www.prenezlesfeuilles a été racheté par ENEZA EDUCATION, entreprise EDTECH, initiatrice d’un autre service éducatif innovant via le mobile qui offre des tutoriels de cours et des quiz via le canal SMS de n’importe quel téléphone mobile (EDU par sms au 98051 en CIV). Aujourd’hui alors, l’élève ivoirien a à sa portée les cours de tout son programme scolaire expliqué en mini tutoriels et des quizz lui permettant de vérifier ses connaissances. Le site prenezlesfeuilles l’aide à préparer les prochaines évaluations à partir de devoirs déjà réalisés dans les meilleurs établissements du territoire.

Le prochain challenge est de mieux faire connaitre cette solution auprès de tous les élèves et parents d’élèves sur toute l’étendue du territoire et de prouver son réel impact dans les résultats scolaires des abonnés.

Les challenges… j’adore les relever! Comme celui d’il y a 18 ans lorsque j’étais la seule fille d’une classe de terminale scientifique dans un lycée de la commune de Yopougon (commune populaire d’Abidjan capitale de la Cote d’ivoire) qui ne devait pas pâlir face au taux de réussite des « garçons » au Baccalauréat. Ou comme celui d’il y a 9 ans lorsque je démissionnais pour m’installer à mon propre compte comme jeune entrepreneuse dans le domaine de la communication et qui devait assumer son choix et tout ce que cela impliquait…. relever les challenges non par euphorie ou plaisir mais pour redonner une part de ce que nous avons reçu gracieusement de la famille, de l’Etat et de la société  … redonner pour être plus riche !

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Promouvoir l’entrepreneuriat féminin en Afrique : défis et vecteurs de changement

Poursuivons sur la thématique de l’entrepreneuriat africain féminin, avec trois témoignages éclairants de femmes grandement impliquées sur ces enjeux : Ninon Duval-Farré, directrice de l’incubateur Bond’Innov, Ambre Delpierre et Lucie Paret,…

Poursuivons sur la thématique de l’entrepreneuriat africain féminin, avec trois témoignages éclairants de femmes grandement impliquées sur ces enjeux : Ninon Duval-Farré, directrice de l’incubateur Bond’Innov, Ambre Delpierre et Lucie Paret, co-fondatrices de Sahelia, et Lamba Ka, chargée de l’accompagnement des entrepreneurs chez MakeSense West Africa.

 

Ninon Duval-Farré

© Bond’Innov

 

Ninon Duval-Farré est depuis 2011 directrice de l’incubateur Bond’Innov. Hébergé par le centre IRD France-Nord, Bond’Innov encourage tout particulièrement les projets qui s’adressent aux marchés du Sud et aux pays en développement. Elle était auparavant consultante indépendante dans le management de l’innovation (de 2004 à 2011), et a en particulier lancé et animé le programme Paris Mentor jusqu’à fin 2011. Elle a participé à la création et au développement de start-up avec Vegetal Fabric, nominé au grand prix de l’innovation de Paris en 2011, et alafolie.com, site ayant connu un beau succès.

« L’Afrique est le continent où il y a le plus de femmes entrepreneures… mais souvent plus par nécessité économique que par choix véritable. Les femmes sont souvent le maillon qui tend vers l’éducation, la santé de la famille etc. elles sont au cœur des questions de développement. »

Des défis spécifiques aux femmes entrepreneures, en Afrique comme ailleurs

« D’une certaine manière, les femmes entrepreneures en Afrique rencontrent les mêmes difficultés que l’on peut imaginer ailleurs dans leur parcours entrepreneurial, notamment en France. Sans aborder les aspects culturels ou religieux, on a tendance à moins développer leur leadership (comparativement aux hommes) et elles peuvent se montrer plus timides, avec des répercussions tangibles dans les activités (sous-estimation des besoins financiers alors que les hommes ont tendance à les surestimer, ce qui peut être à leur avantage). C’est un phénomène social mondial, où les femmes se mettent des freins.

Dans notre secteur, à savoir l’entrepreneuriat de type start-up innovantes, à ambitions, à forts potentiels, on remarque qu’il y a une façon plus timide d’aborder le business qui freine un peu les ambitions des entrepreneures. On remarque d’ailleurs qu’elles sont bien moins nombreuses que les hommes dans ce domaine. »

Comment changer les choses ?

Pour des structures de soutien comme les nôtres, il est important de développer des modules soft skills (leadership) et notamment les programmes de mentorat au féminin. Car c’est en voyant des femmes qui osent que l’on ose oser, cela désinhibe.

Je me réjouis aussi de voir qu’il y a de moins en moins de programmes ou d’accompagnements exclusifs au féminin mais qui intègrent pleinement la mixité. C’est très nouveau et ça va dans le bon sens.

 

Ambre Delpierre & Lucie Paret, Sahelia

© Sahelia

Après avoir fait le constat d’un écosystème détruit par une agriculture intensive, Ambre Delpierre et Lucie Paret fondent Sahelia pour soutenir les efforts de producteurs responsables et les aider à commercialiser leurs produits vers les marchés européens. L’entreprise est spécialisée dans le commerce éthique de fruits et plantes biologiques en provenance d’Afrique de l’Ouest. Toutes deux reviennent sur leur expérience, en tant que femmes entrepreneures et en tant que partenaires de nombreuses femmes africaines travaillant dans la production agricole.

« Dans l’ensemble il nous semble moins difficile pour une femme d’entreprendre en Afrique. En tout cas beaucoup de femmes entreprennent! Nous n’avons jamais eu l’impression d’être dévalorisées. Au contraire être une femme est parfois un avantage, notamment avec certains de nos clients, qui nous font facilement confiance sur le respect de nos valeurs et notre engagement éthique »

 « Les femmes africaines sont des vraies working girl dans l’âme ! Elles sont très volontaires, et gèrent absolument tout, de la maison au business. A nos yeux ce qui leur manque ce sont des outils et des bases utiles pour structurer leurs projets et donner de la valeur ajoutée à ce qu’elles font déjà. Elles sont peut-être plus durement impactées que les hommes par le manque d’accès aux financements, au conseil, et aux compétences appropriées »

« Ce qui manque aux femmes entrepreneures: des outils et des bases utiles pour structurer leurs projets et donner de la valeur ajoutée à ce qu’elles font déjà. »

 

Lamba Ka

© Le Monde Afrique

Communicante passionnée, Lamba Ka est spécialisée dans les domaines de la communication et de l’entrepreneuriat social. Elle est actuellement chef de projet, chargée de l’accompagnement des entrepreneurs chez MakeSense West Africa et et Chargée de projet AFIDBA au Sénégal. Jusqu’en 2014, elle travaille avec plusieurs agences de communication au Sénégal ainsi qu’au sein de certains médias en tant que journaliste. Très préoccupée par l’éradication de la corruption en Afrique, particulièrement au Sénégal, Lamba co-fonde en 2016 SENEGEL (Senegalese Next Generation of Leaders), une plate-forme ayant pour objectif de promouvoir la transparence et de lutter contre la corruption au Sénégal, et participe en janvier 2018 à une formation sur la lutte contre la corruption dans la région du Sahel dispensée par le bureau de l’UNITAR à Hiroshima. Lamba obtient en 2017 la bourse Mandela Washigton et étudie le business et l’entrepreneuriat à l’Université de Notre Dame durant 6 semaines.

« Les femmes sont connues comme étant beaucoup plus entreprenantes que les hommes en Afrique. Le Sénégal n’est pas en reste, loin de là, et compte plus de femmes entrepreneures que d’hommes.

Mais ces femmes entrepreneures font face à plusieurs défis, qui me semblent spécifiques :

Familial tout d’abord, car la balance entre vie professionnelle et vie de famille est difficile à trouver. Il est compliqué de gérer à la fois une famille et une entreprise, surtout avec la pression culturelle et sociale.

La formalisation est un second enjeu de taille. Beaucoup de femmes gèrent un business, mais informel la plupart du temps. La formalisation est pourtant essentielle pour accéder aux financements et changer d’échelle

Enfin il y a la gestion de la peur. Certaines femmes ont peur de se lancer face à une concurrence très rude… et le temps peut leur manquer pour concurrencer la concurrence ! »

 

Comment changer les choses?

« Pour renforcer l’entrepreneuriat féminin, il faudra créer des incubateurs dédiés aux femmes et multiplier les podiums de partages entre femmes pour se renforcer mutuellement. »

 

Aller plus loin…

 

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Parcours d’entrepreneures africaines (1/2): Patricia Zoundi Yao et Catherine Krobo-Edusei

65 % de la richesse du continent africain est produite par les femmes entrepreneures d’après la dernière étude publiée par le cabinet de conseil Roland Berger fin septembre 2018. En…

65 % de la richesse du continent africain est produite par les femmes entrepreneures d’après la dernière étude publiée par le cabinet de conseil Roland Berger fin septembre 2018. En Afrique subsaharienne, les femmes produisent 80% des denrées alimentaires et représentent 70% de la force agricole du continent. 24 % des femmes africaines parmi les 312 millions de femmes de 18 à 64 ans que compte le continent ont créé une entreprise (contre 17% en Amérique latine, 12% en Amérique du Nord, et 8% en Europe et en Asie centrale).

En dépit de cette situation, les femmes africaines souffrent encore de nombreuses inégalités notamment en termes d’accès à l’emploi, de rémunération et de manière générale d’accès et de contrôle sur les ressources économiques. Quelle situation paradoxale… A l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits de la Femme, le blog Entreprenante Afrique vous propose 4 portraits de femmes africaines aux parcours inspirants ! Focus sur les parcours de Patricia Zoundi Yao, à la tête de plusieurs initiatives entrepreneuriales à fort impact dans le monde rural en Côte d’Ivoire et Catherine Krobo-Edusei, qui gère l’un des plus importants distributeurs de légumes et fruits frais au Ghana.

Retrouvez ici la partie 2, avec les parcours de deux entrepreneures sénégalaises →

 

Patricia Zoundi Yao

Quelques mots sur votre parcours ?

Je suis Patricia Zoundi Yao, entrepreneure dans l’âme comme j’aime le définir. Je suis à la tête de trois structures, dans des secteurs d’activités différents, mais ayant pour cible les personnes en bas de la pyramide. J’ai fondé en 2009 Quickcash, un service de transfert d’argent pour le monde rural. Nous sommes en train de se transformer en Agency Bank compte tenu de la concurrence sur le terrain et les besoins observés des populations. Cela nous permettrait de dématérialiser les services des banques classiques dans les villages ruraux. J’ai également créé Digital Hub, qui offre des services numériques à une clientèle jeune et connectée. Je travaille aussi depuis 2014 dans une structure du secteur agricole, Canaanland, qui permet d’encadrer les agricultrices (70%) et les jeunes (30%). Nous les formons à des techniques d’agriculture durable, à l’agriculture biologique, et nous les accompagnons dans la phase de commercialisation. Notre développement se fait sous forme de franchises car si on veut toucher le plus grand nombre, on ne peut pas procéder par acquisition. D’ici 3 ans, on compte lancer 5 franchises sur la Côte d’Ivoire et le Libéria, qui suivront trois principes clés : 0 déforestation, 0 pesticides et 100% inclusif. Les petits producteurs notamment sont systématiquement pris en compte dans notre chaîne de valeurs.

Pourquoi cet intérêt particulier pour le secteur rural ?

Je suis moi-même issue du monde rural. Mes parents sont agriculteurs, et j’ai travaillé très tôt dans le commerce de village géré par ma mère. Je n’ai connu Abidjan qu’après l’obtention de mon baccalauréat : c’était pour moi un environnement trop moderne où il était difficile de trouver ses marques. Dans mes activités entrepreneuriales, je me suis en fait naturellement tournée vers ce que je connaissais de mieux. Quand j’ai démarré mes activités, je ne connaissais pas le concept ‘’d’entrepreneuriat social’’. J’en ai entendu parler pour la première vois vers 2013-2014. Moi je faisais quelque chose qui me plaisait, un point un trait. J’ai baigné dans cet environnement, et puis je trouve que c’est dans ce milieu que les gens sont le plus sincères en fait : ils ne sont pas réservés, ils sont vrais. Tu vois l’effort, l’énergie qu’ils dégagent, même s’ils restent dans une extrême pauvreté.

Quelles difficultés avez-vous eu à faire face en tant que femme ?

Sincèrement je n’ai eu aucun problème lié à mon statut de femme. Pour moi, être une femme n’est pas un problème, c’est même un atout. Je considère que cela m’a donné des capacités et des qualités essentielles pour réussir dans l’entrepreneuriat : la persévérance, le fait que tu sois celle qui se lève un peu tôt, qui se couche un peu tard…

C’est vrai qu’il y a eu des difficultés à travers mon parcours, mais qui sont liées au business, pas au fait que je sois une femme. Encore une fois, je crois au contraire que cela m’a aidé. La femme est multitâche : elle s’occupe de la maison, des enfants. En fait elle arrive à faire plusieurs tâches en même temps et à bien les faire. C’est pour cela que les femmes rurales sont mes modèles : elles arrivent à faire le champ, s’occuper des enfants, de la cuisine, du ménage. Aussi il parait que les femmes sont plus passionnées que les hommes… Je ne sais pas si cela est toujours vrai, mais en tout cas moi je suis une personne passionnée ! Ce qui me motive, c’est d’offrir des opportunités aux femmes et aux jeunes, surtout dans les zones rurales, où il n’y a pas grand-chose qui se passe.  On a parfois l’impression que les modèles de réussites, c’est uniquement en milieu urbain.

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneures ?

Mon conseil c’est de se lancer, car on ne sera jamais prêt. Il n’y a jamais de bon moment. Si on doit se lancer c’est maintenant car l’environnement est favorable. On ne sait pas dans 5 ans quelle sera la nouvelle orientation : il y a des formations, des offres de financements dédiées aux femmes. Et puis se focaliser sur les solutions et non les problèmes. Il faut voir les choses autrement et se donner le leadership qu’il faut et non pas se victimiser. Vous avez toutes les atouts nécessaires pour vous lancer et réussir !

 

 

Catherine Krobo Edusei

Catherine Krobo Edusei, 57 ans, dirige l’entreprise Eden Tree, l’un des principaux producteurs et distributeurs de légumes et fruits frais au Ghana.

Avez-vous eu des difficultés parce que vous êtes une femme ? Si oui, pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

Il m’a été très difficile au début d’obtenir des financements auprès des banques et des fonds de capital-risque, et si j’avais été un homme, cela aurait été plus facile. J’ai également éprouvé des difficultés à travailler avec des hommes de certaines tribus en raison de leur vision de ce que devrait être la place d’une femme.

Qui sont vos modèles ? Pourquoi ?

Oprah Winfrey, Maya Angelou, Yaa Asantewaa, ou encore Hillary Clinton ont été et sont des femmes très fortes, qui n’ont pas eu peur de briser les règles. Il est vrai qu’une femme doit se battre deux fois plus qu’un homme. Les hommes ont la force du réseautage dans leurs différents clubs, alors que les femmes ne réussissent pas très bien pour le moment à réseauter et partager entre elles les opportunités.

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneurs ?

Tout donner, se concentrer, travailler dur, croire en elles-mêmes… elles ne le regretteront pas.

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Parcours d’entrepreneures africaines (2/2): Sylvie Sagbo et Sokhna Ndiaye

Poursuivons, en cette Journée Internationale des Droits des Femmes, notre exploration de parcours entrepreneuriaux féminins inspirants et riches en expérience. Dans cette seconde partie, nous avons interviewé deux femmes entrepreneures…

Poursuivons, en cette Journée Internationale des Droits des Femmes, notre exploration de parcours entrepreneuriaux féminins inspirants et riches en expérience. Dans cette seconde partie, nous avons interviewé deux femmes entrepreneures sénégalaises: Sylvie Sagbo, qui après plusieurs expériences à l’international a repris l’entreprise sénégalaise fondée par sa mère, et Sokhna Ndiaye, engagée dans plusieurs associations et entreprises opérant dans le domaine de la santé.

Retrouvez la partie 1 ici →

 

Sylvie Sagbo

 

Sylvie Sagbo dirige depuis 2015 SENAR Les Délices de Lysa, une PME sénégalaise qui transformes les arachides et noix de cajou. Titulaire d’un master en finance et gestion des marchés obtenu à l’Ecole de Gestion de Paris, elle a travaillé pendant 18 ans dans la finance de marchés (asset management, gestion de portefeuilles dans les banques, etc.). Elle est ensuite passée à mon compte pendant une dizaine d’années, et a également ouvert un restaurant de cuisine africaine en région parisienne. Elle est finalement rentrée sur Dakar, pour rejoindre l’entreprise fondée par ma mère en 1982, à une période où cette dernière souhaitait se retirer progressivement de la société.

 

Pourquoi avoir décidé d’entreprendre ?

Je pense que j’ai toujours porté cette fibre entrepreneuriale, et cela transparaît à travers mon parcours : quand je travaillais en tant que consultante à mon compte, quand j’ai lancé avec mon mari le restaurant de cuisine africaine, et bien sûr quand j’ai repris SENAR, l’entreprise fondée par ma mère. J’ai grandi avec cette entreprise, et je m’en suis toujours occupée, même en étant loin. Cela donc été naturel de reprendre la structure, et c’était très motivant car je savais qu’on pouvait en faire une très belle entreprise.

Avez-vous connu des difficultés du fait que vous soyez une femme ?

Il est possible que mon dossier de financement ait été refusé par leur passé parce que j’étais une femme, mais cela ne m’a jamais été montré ni dit clairement. J’ai travaillé avec deux directeurs commerciaux qui n’ont jamais accepté que je leur dise quoi faire et cela je pense est lié au côté ‘’macho’’ qu’il peut y avoir ici en Afrique.

Qui sont vos modèles, vos figures d’inspiration ?

Je pense tout de suite à ma mère. Quel parcours ! Elle a commencé au bas de la porte et a finalement créé l’une des plus grandes sociétés qui vend des noix de cajou ici au Sénégal. Autrement je n’ai pas vraiment de nom en tête, mais en tout cas, dès que je vois une femme qui réussit et qui s’en sort, qui arrive à entreprendre, à faire de belles choses, c’est quelque part un modèle pour moi.

Comment vous voyez vous dans dix ans ?

Dans dix ans je me vois à la tête d’une grande entreprise africaine sénégalaise, leader dans la distribution de noix de cajou en Afrique et dans le monde. Je pense que nous sommes sur la bonne voie car on a des produits de très bonne qualité et sains. Je travaille le beurre de cajou. J’ai créé une pâte à tartiner qui s’appelle le Cajoutella, qui n’a rien à envier à son voisin lointain (rires) !  Et j’ai beaucoup d’autres idées de produits pour mon entreprise !

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneures ?

Je pense qu’il faut d’abord se battre. Dans tous les cas un entrepreneur doit se battre, mais une femme entrepreneure doit se battre deux fois plus parce que c’est une femme et on doit gérer la famille et le boulot. Quand on veut entreprendre, on ne doit pas entreprendre sur une idée juste comme cela : il faut peaufiner son idée, faire une étude de marché, même minime, pour faire son business modèle. Pourquoi je veux le faire ? Quelle est ma cible ? Quel chiffre d’affaires je souhaite faire ? Vraiment faire une analyse avant de se lancer. Et puis une fois cela fini, entreprendre avec les tripes. Il faut être passionnée ! Sans passion, on ne peut pas entreprendre. Donc une femme, si elle entreprend avec ses tripes, avec son ventre, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’y arrive pas. Par contre, il faut beaucoup de courage, parce que ce n’est pas une vie simple, il y a des hauts et des bas, comme partout, mais ce n’est pas simple, surtout en Afrique. Il y a beaucoup de femmes entrepreneures aujourd’hui, et il y en aura beaucoup plus encore… des modèles à suivre vont émerger !

 

Retrouvez en vidéo l’interview réalisée par SENAR à l’occasion du 8 mars!

 

 

Sokhna Diagne Ndiaye

 

Quelques mots sur votre parcours ?

Je suis Sokhna Ndiaye, pharmacienne de fonction et titulaire d’une officine à Dakar au Sénégal et présidente du Conseil d’Administration de la société Duopharm. Nous avons été accompagnés entre 2010 et 2017 par Investisseurs & Partenaires, et cela s’est très bien passé. Je suis aussi Présidente du Conseil d’Administration de l’Université des Sciences de la Santé, qui forme des pharmaciens, des médecins et des chirurgiens-dentistes. Je suis par ailleurs membre de plusieurs fondations : Vice-Présidente de la Ligue Sénégalaise contre le Cancer, Présidente de la commission des diplômés de la fondation de l’université Cheick Antia Diop, représentante au Sénégal du Monaco Collectif humanitaire où je représente la Croix Rouge monégasque et l’association Rencontres Africaines. J’ai aussi d’autres activités sociales dans l’éducation…

Comment arrivez-vous à concilier votre vie personnelle et votre vie professionnelle ?

Très bonne question. C’est juste une question d’organisation. Dans mon officine, il y a 25 personnes : ce n’est pas facile à manager mais nous avons une organisation cohérente. Chacune et chacun a une mission propre. Au sein de Duopharm, en tant que Présidente du Conseil d’Administration, je suis très impliquée mais je ne suis pas dans l’exploitation directe, ce qui permet de libérer du temps et de me consacrer à d’autres activités sociales qui sont extrêmement importantes pour moi.

Être une femme, un atout ou une difficulté dans le milieu professionnel ?

Je pense que dans le domaine social, notamment quand je regarde mon expérience à la Ligue Sénégalaise contre le cancer, être une femme donne un peu plus de sensibilité à nos partenaires. Au Sénégal, les femmes occupent un rôle important. Il y a eu des avancées significatives.  Les femmes au Sénégal se sont pratiquement approprié le secteur social et je pense que le fait d’être une femme est un avantage pour coordonner ces activités et ces mouvements-là.

Un conseil aux (futures) femmes entrepreneures ?

Il faut que les femmes aient confiance en elles, le débat ne se pose pas. En Afrique, les femmes pourraient jouer un plus grand rôle économique. Les femmes n’ont pas un rôle de seconde zone. Je pense que c’est aux femmes de continuer à se battre, de montrer qu’à chaque fois qu’on leur confie une tâche ce qu’elles sont capables de faire. Les résultats sont tangibles à l’échelle mondiale me semble-t-il : à chaque fois que dans des domaines spécifiques, on confie la gestion à une femme, les résultats, les performances sont supérieures à celles des hommes. Une femme ne doit pas avoir peur du fait d’être femme. Une femme doit s’affirmer, se battre et une fois à leur poste, travailler et donner plus de résultats que les hommes. Donc les femmes: travaillez, travaillez bien!

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L’entrepreneuriat au service de la santé : l’exemple de la clinique PROCRÉA

  Basée à Abidjan, la clinique PROCRÉA propose une offre de soins dédiée à la santé de la reproduction. Fondée en 2008, elle est aujourd’hui leader en Côte d’Ivoire pour…

 

Basée à Abidjan, la clinique PROCRÉA propose une offre de soins dédiée à la santé de la reproduction. Fondée en 2008, elle est aujourd’hui leader en Côte d’Ivoire pour l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), une technique qui permet aux personnes qui ont des difficultés à avoir un enfant à réussir à enfanter. Vulgariser cette pratique et la rendre accessible au plus grand nombre est au cœur de la démarche de la fondatrice et actuelle directrice de la clinique, Dr. Myriam Kadio-Morokro BROU. Retour sur son parcours, les obstacles rencontrés et ses motivations.

 

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