Penser et agir pour l’entrepreneuriat en Afrique

Duval-Farré Ninon

Duval-Farré Ninon

Ninon Duval-Farré est depuis 2011 directrice de l’incubateur Bond’Innov. Hébergé par le centre IRD France-Nord, Bond’Innov encourage tout particulièrement les projets qui s’adressent aux marchés du Sud et aux pays en développement.

Elle était auparavant consultante indépendante dans le management de l’innovation (de 2004 à 2011), et a en particulier lancé et animé le programme Paris Mentor jusqu’à fin 2011. Elle a participé à la création et au développement de start-up avec Vegetal Fabric, nominé au grand prix de l’innovation de Paris en 2011.

Ninon Duval-Farré is the Director of the incubator Bond’Innov since 2011. Hosted by the IRD France-Nord centre, Bond’Innov specifically promotes projects targeting developing countries.

 

Promouvoir l’entrepreneuriat féminin en Afrique : défis et vecteurs de changement

Poursuivons sur la thématique de l’entrepreneuriat africain féminin, avec trois témoignages éclairants de femmes grandement impliquées sur ces enjeux : Ninon Duval-Farré, directrice de l’incubateur Bond’Innov, Ambre Delpierre et Lucie Paret,…

Poursuivons sur la thématique de l’entrepreneuriat africain féminin, avec trois témoignages éclairants de femmes grandement impliquées sur ces enjeux : Ninon Duval-Farré, directrice de l’incubateur Bond’Innov, Ambre Delpierre et Lucie Paret, co-fondatrices de Sahelia, et Lamba Ka, chargée de l’accompagnement des entrepreneurs chez MakeSense West Africa.

 

Ninon Duval-Farré

© Bond’Innov

 

Ninon Duval-Farré est depuis 2011 directrice de l’incubateur Bond’Innov. Hébergé par le centre IRD France-Nord, Bond’Innov encourage tout particulièrement les projets qui s’adressent aux marchés du Sud et aux pays en développement. Elle était auparavant consultante indépendante dans le management de l’innovation (de 2004 à 2011), et a en particulier lancé et animé le programme Paris Mentor jusqu’à fin 2011. Elle a participé à la création et au développement de start-up avec Vegetal Fabric, nominé au grand prix de l’innovation de Paris en 2011, et alafolie.com, site ayant connu un beau succès.

« L’Afrique est le continent où il y a le plus de femmes entrepreneures… mais souvent plus par nécessité économique que par choix véritable. Les femmes sont souvent le maillon qui tend vers l’éducation, la santé de la famille etc. elles sont au cœur des questions de développement. »

Des défis spécifiques aux femmes entrepreneures, en Afrique comme ailleurs

« D’une certaine manière, les femmes entrepreneures en Afrique rencontrent les mêmes difficultés que l’on peut imaginer ailleurs dans leur parcours entrepreneurial, notamment en France. Sans aborder les aspects culturels ou religieux, on a tendance à moins développer leur leadership (comparativement aux hommes) et elles peuvent se montrer plus timides, avec des répercussions tangibles dans les activités (sous-estimation des besoins financiers alors que les hommes ont tendance à les surestimer, ce qui peut être à leur avantage). C’est un phénomène social mondial, où les femmes se mettent des freins.

Dans notre secteur, à savoir l’entrepreneuriat de type start-up innovantes, à ambitions, à forts potentiels, on remarque qu’il y a une façon plus timide d’aborder le business qui freine un peu les ambitions des entrepreneures. On remarque d’ailleurs qu’elles sont bien moins nombreuses que les hommes dans ce domaine. »

Comment changer les choses ?

Pour des structures de soutien comme les nôtres, il est important de développer des modules soft skills (leadership) et notamment les programmes de mentorat au féminin. Car c’est en voyant des femmes qui osent que l’on ose oser, cela désinhibe.

Je me réjouis aussi de voir qu’il y a de moins en moins de programmes ou d’accompagnements exclusifs au féminin mais qui intègrent pleinement la mixité. C’est très nouveau et ça va dans le bon sens.

 

Ambre Delpierre & Lucie Paret, Sahelia

© Sahelia

Après avoir fait le constat d’un écosystème détruit par une agriculture intensive, Ambre Delpierre et Lucie Paret fondent Sahelia pour soutenir les efforts de producteurs responsables et les aider à commercialiser leurs produits vers les marchés européens. L’entreprise est spécialisée dans le commerce éthique de fruits et plantes biologiques en provenance d’Afrique de l’Ouest. Toutes deux reviennent sur leur expérience, en tant que femmes entrepreneures et en tant que partenaires de nombreuses femmes africaines travaillant dans la production agricole.

« Dans l’ensemble il nous semble moins difficile pour une femme d’entreprendre en Afrique. En tout cas beaucoup de femmes entreprennent! Nous n’avons jamais eu l’impression d’être dévalorisées. Au contraire être une femme est parfois un avantage, notamment avec certains de nos clients, qui nous font facilement confiance sur le respect de nos valeurs et notre engagement éthique »

 « Les femmes africaines sont des vraies working girl dans l’âme ! Elles sont très volontaires, et gèrent absolument tout, de la maison au business. A nos yeux ce qui leur manque ce sont des outils et des bases utiles pour structurer leurs projets et donner de la valeur ajoutée à ce qu’elles font déjà. Elles sont peut-être plus durement impactées que les hommes par le manque d’accès aux financements, au conseil, et aux compétences appropriées »

« Ce qui manque aux femmes entrepreneures: des outils et des bases utiles pour structurer leurs projets et donner de la valeur ajoutée à ce qu’elles font déjà. »

 

Lamba Ka

© Le Monde Afrique

Communicante passionnée, Lamba Ka est spécialisée dans les domaines de la communication et de l’entrepreneuriat social. Elle est actuellement chef de projet, chargée de l’accompagnement des entrepreneurs chez MakeSense West Africa et et Chargée de projet AFIDBA au Sénégal. Jusqu’en 2014, elle travaille avec plusieurs agences de communication au Sénégal ainsi qu’au sein de certains médias en tant que journaliste. Très préoccupée par l’éradication de la corruption en Afrique, particulièrement au Sénégal, Lamba co-fonde en 2016 SENEGEL (Senegalese Next Generation of Leaders), une plate-forme ayant pour objectif de promouvoir la transparence et de lutter contre la corruption au Sénégal, et participe en janvier 2018 à une formation sur la lutte contre la corruption dans la région du Sahel dispensée par le bureau de l’UNITAR à Hiroshima. Lamba obtient en 2017 la bourse Mandela Washigton et étudie le business et l’entrepreneuriat à l’Université de Notre Dame durant 6 semaines.

« Les femmes sont connues comme étant beaucoup plus entreprenantes que les hommes en Afrique. Le Sénégal n’est pas en reste, loin de là, et compte plus de femmes entrepreneures que d’hommes.

Mais ces femmes entrepreneures font face à plusieurs défis, qui me semblent spécifiques :

Familial tout d’abord, car la balance entre vie professionnelle et vie de famille est difficile à trouver. Il est compliqué de gérer à la fois une famille et une entreprise, surtout avec la pression culturelle et sociale.

La formalisation est un second enjeu de taille. Beaucoup de femmes gèrent un business, mais informel la plupart du temps. La formalisation est pourtant essentielle pour accéder aux financements et changer d’échelle

Enfin il y a la gestion de la peur. Certaines femmes ont peur de se lancer face à une concurrence très rude… et le temps peut leur manquer pour concurrencer la concurrence ! »

 

Comment changer les choses?

« Pour renforcer l’entrepreneuriat féminin, il faudra créer des incubateurs dédiés aux femmes et multiplier les podiums de partages entre femmes pour se renforcer mutuellement. »

 

Aller plus loin…

 

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